Le Paris Saint-Germain a sollicité auprès de la Ligue de football professionnel (LFP) le report de son match de Ligue 1 contre Lens, initialement programmé le 11 avril. Cette requête vise à optimiser la préparation du club parisien pour ses quarts de finale de Ligue des champions face à Liverpool. Cependant, cette demande suscite de vives réactions et intensifie les dissensions au sein des structures dirigeantes du football hexagonal.
À l’image de sa démarche lors des huitièmes de finale de la Ligue des champions contre Chelsea, le PSG cherche à décaler ce choc contre Lens, perçu comme crucial pour le titre de Ligue 1. Le calendrier place cette rencontre entre les deux affrontements européens avec Liverpool. Le Conseil d’administration de la LFP, réuni jeudi matin, est chargé de statuer sur ce report entre la 33e et la 34e journée. Étant donné que Strasbourg a également formulé une demande similaire pour son match contre Brest (en raison de la Ligue Conférence), l’approbation du CA semble fort probable.
Cette demande ravive inévitablement les tensions latentes au sein du football français. Les frictions se sont intensifiées depuis la publication d’une tribune signée par sept présidents de Ligue 1 en mars. Le PSG s’est empressé de justifier sa requête auprès des médias, arguant de motifs purement sportifs. Le club parisien affirme vouloir “préparer au mieux un rendez-vous majeur de sa saison” et souligne que “les performances des clubs français sur la scène européenne profitent à l’ensemble du football français”, générant “des retombées directes pour l’ensemble des clubs professionnels”.
Un bras de fer communicatif
Les arguments du PSG n’ont pas manqué de faire réagir certains présidents de Ligue 1. L’un d’eux, cité par RMC, ironise : “Si BeIN Sports avait réglé tous les droits TV dus au football français, les retombées directes seraient bien plus substantielles pour les clubs qu’une éventuelle demi-finale européenne du PSG.” Un autre propose sarcastiquement : “On devrait instituer une trêve internationale en avril, ça réglerait tous les problèmes…” Ces voix s’inquiètent principalement des implications sur l’équité sportive si le match était reporté en fin de saison. En toile de fond, une forte animosité persiste entre le président lensois, Joseph Oughourlian, et son homologue parisien, Nasser Al-Khelaïfi. Aucun des deux ne semble prêt à céder. Joseph Oughourlian a d’ailleurs exprimé sur LinkedIn son espoir de “vifs échanges” lors du prochain CA de la LFP, tout en concluant, pessimiste : “Mais je me fais peu d’illusions.”
Le RC Lens ne partage pas la vision du “plus grand intérêt du football français” avancée par le PSG. Dans un communiqué incisif publié lundi soir, le club lensois a fermement dénoncé la situation : “Il semblerait donc que le dixième budget du championnat doive s’incliner face aux exigences des plus influents, au nom d’intérêts qui, de toute évidence, transcendent désormais le cadre national, déjà assoupli ces dernières saisons.” Pour Lens, l’enjeu sportif de ce match contre le PSG est capital, et un report risquerait de dévaloriser la course au titre de Ligue 1.
Du côté parisien, on réplique en citant Pierre Sage, qui avait déclaré en 2024, à propos d’un report de match de l’OM : “Il y a des avantages pour le football français car c’est très bien de leur donner les meilleures conditions pour jouer leurs matchs européens.” Des sources proches de la LFP suggèrent par ailleurs que le refus de Lens serait davantage motivé par des considérations politiques que sportives : “Quand c’est un allié politique, Lens accepte, quand c’est un opposant, Lens refuse. C’est de la politique, pas du sport.” Un précédent est rappelé, datant du 15 septembre, lorsque l’OM avait demandé le décalage de son match contre Lens du 25 au 26 octobre. À l’époque, Lens avait donné son accord “sans difficulté”, même si cela ne servait pas ses intérêts sportifs, avant que la LFP ne refuse finalement. Cet épisode alimente l’idée que la position lensoise sur les reports est “à géométrie variable”. Toutefois, l’enjeu est différent aujourd’hui pour Lens, en lice pour le titre de Ligue 1 et pour qui une victoire contre Paris serait capitale. Les deux clubs campent donc sur leurs positions, défendant chacun leurs propres intérêts. La décision finale incombe désormais au conseil d’administration de la LFP, une instance dont Lens n’est pas membre et dont il devra simplement accepter le verdict jeudi matin.
Lens-PSG Match Postponement: A Controversial Decision Shaking French Football
Paris Saint-Germain has requested the professional football league (LFP) to postpone its Ligue 1 match against Lens, originally scheduled for April 11th. This request aims to optimize the Parisian club’s preparation for its Champions League quarter-final clashes against Liverpool. However, this demand is sparking strong reactions and intensifying disagreements within the governing bodies of French football.
Similar to their approach during the Champions League round of 16 against Chelsea, PSG seeks to reschedule this crucial fixture against Lens, seen as vital for the Ligue 1 title. The calendar places this match between the two European encounters with Liverpool. The LFP’s Board of Directors, meeting on Thursday morning, is tasked with ruling on this postponement between the 33rd and 34th matchdays. Given that Strasbourg has also made a similar request for its match against Brest (due to the Conference League), the Board’s approval seems highly probable.
This request inevitably re-ignites latent tensions within French football. Friction has intensified since the publication of an opinion piece signed by seven Ligue 1 presidents in March. PSG was quick to justify its request to the media, citing purely sporting reasons. The Parisian club states it wants to “best prepare for a major fixture of its season” and emphasizes that “the performances of French clubs engaged on the European scene benefit all of French football,” generating “direct spin-offs for all professional clubs.”
A Communicative Tug-of-War
PSG’s arguments did not fail to provoke reactions from some Ligue 1 presidents. One of them, quoted by RMC, quipped: “If BeIN Sports had paid all the TV rights it owes to French football, the direct benefits for the clubs would be much more substantial than a potential PSG European semi-final.” Another sarcastically suggested: “We should institute an international break in April, that would solve all problems…” These voices are primarily concerned about the implications for sporting fairness if the match were postponed until the end of the season. In the background, strong animosity persists between Lens president Joseph Oughourlian and his Parisian counterpart, Nasser Al-Khelaïfi. Neither seems willing to concede. Joseph Oughourlian also expressed on LinkedIn his hope for “lively exchanges” during the next LFP Board meeting, concluding pessimistically: “But I have few illusions.”
RC Lens does not share PSG’s vision of the “greater good of French football.” In a sharp statement published Monday evening, the Lens club strongly denounced the situation: “It would therefore seem that the tenth budget in the league must bow to the demands of the most influential, in the name of interests which, evidently, now transcend the national framework, already relaxed in recent seasons.” For Lens, the sporting stakes of this match against PSG are paramount, and a postponement risks devaluing the Ligue 1 title race.
On the Parisian side, they retort by quoting Pierre Sage, who had stated in 2024, regarding a postponement of an OM match: “There are advantages for French football because it is very good to give them the best conditions to play their European matches.” Sources close to the LFP also suggest that Lens’s refusal might be more motivated by political rather than sporting considerations: “When it’s a political ally, Lens accepts; when it’s an opponent, Lens refuses. It’s politics, not sport.” A precedent is recalled, dating from September 15th, when OM had requested its match against Lens be moved from October 25th to 26th. At the time, Lens had agreed “without difficulty,” even if it did not serve its sporting interests, before the LFP ultimately refused. This episode fuels the idea that Lens’s position on postponements is “variable geometry.” However, the stakes are different today for Lens, who are in the title race for Ligue 1, and for whom a victory against Paris would be crucial. Both clubs are therefore entrenched in their positions, each defending their own interests. The final decision now rests with the LFP’s Board of Directors, an body of which Lens is not a member and whose verdict they will simply have to accept on Thursday morning.
